218, 220, 235...282 jours, très cher cadres, remerciez notre petit Nicolas
Comme moi vous avez l'immense honneur d'être cadre. Vous avez un bac+4/5 et on vous a automatiquement classé cadre. Vous n'avez aucune personne à encadrer, si ce n'est vous-même. Votre rémunération est à peine mieux que les ETAMS ou autres salariés. Vos augmentations sont individualisés. Vous n'avez pas de RTT, ou alors, elle sont indexées sur le nombre de jour férié dans l'année (220 jours travaillés convention syntec). Votre pouvoir d'achat ne cesse de diminuer et vous avez voté pour notre Nicolas national en 2007. Et bien dites lui merci, car bientôt vous pourrez travailler 235 jours, voir même 282. Et tout ça pour 10% de plus. Ce n'est pas magnifique ça ?Alors en prenant notre petite calculette on se rend compte que 235 jours ça fait 5 semaine de vacance plus le 1er mai. Quid du jeudi de l'ascension, du lundi de pentecôte, du 14 juillet, du 11 novembre, de Noël, du 1er de l'an, et des quelques jours de RTT qui nous restaient ? Et bien vous devrez travailler pour 10% de plus seulement alors qu'avant vous aviez droit à des jours de récupération en plus d'un vrai supplément de salaire. Quand au probable 282 jours de travail, alors là vous dites adieu à vos vacances et à une partie de vos samedis. Et bien oui, dans une année vous avez 365jours (on va oublier les années bissextiles). A cela vous retirez 52 dimanches et il vous reste donc 365-52-282 = 31 samedis chômés. Et dites vous que vous avez de la chance, en Chine ils travaillent plus que vous... pour moins cher.
Le problème c'est qu'en Chine ou ailleurs ils sont moins chers, certes, mais chez eux, leurs salaires leur permettent de vivre très correctement. Et en plus côté productivité, ils sont plus dans la politique de l'acte de présence que du travail effectif.
J'ai du mal à trouver le texte complet concernant cette futur loi (ou décret) qui a déjà été accepté en première lecture. Toutefois si je regarde les données que l'on trouve au niveau européen, on voit bien que si en France on travail peu (théoriquement) en terme d'heure, notre productivité est dans le trio de tête. Pourtant malgré cela le pouvoir d'achat de nos cadres n'augmente pas. Au passage des 35heures, on a gelé leur salaire tout en leur demandant de faire le même travail mais dans leur 35 heures. Résultat, ils ont gagné moins, et travaillé au delà des 35 heures pour réaliser leur tâches. Maintenant on leur dit de travailler plus, mais sans de réelle compensation financière (10% de plus, on est dans le domaine du ridicule).
Je vois 2 réactions possibles chez cette catégorie professionnelle : ils se taisent car ils pensent que leur entreprise ne va pas tenter le diable, et dans ce cas mieux vaut être dans la bonne entreprise. Ou bien ils participent aux futurs débrayages nationales de la rentrée au risque de se faire mal voir de leur collègue. J'ai un doute sur leur capacité à se mobiliser. Toutefois, j'avoue que depuis le début de ma carrière, c'est la première fois que j'ai un réel sentiment de révolte qui me pousserait à participer à une manifestation.
Je ne comprends pas pourquoi cette loi a été proposé. Le gouvernement n'a rien a gagné sur ce point. Au contraire, ils mettent à l'écart une fange de leur électorat. C'est incompréhensible de mon point de vue. Mais que faire pour sauver notre statut et éviter de retourner 80 ans en arrière ?
Je ne vois pas de salut aujourd'hui, peut être que la prochaine fois je demanderais à ne pas être cadre, pourquoi pas. Je n'ai auourd'hui aucun avantage lié à ce statut. Pas de rôle d'encadrement (et je n'en veux pas actuellement, sauf dans le cadre de la formation), pas d'intéressement lié à mes résultats, pas plus d'information sur la stratégie de l'entreprise que les autres salariés... Et ce n'est pas les quelques cotisations supplémentaires à l'APEC et les casses cadres, qui joueront beaucoup lors d'un hypothétique retraite.
Encore une fois je suis dégouté d'avoir voté Sarkozy, encore une fois je suis dégouté de ne pas avoir eu le choix, encore une fois je suis dégouté de notre politique française. La france se meurt.
